Mangroves : les communautés locales en première ligne

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Mangroves : les communautés locales en première ligne

Résaux sociaux
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Dans le sud du Bénin, les mangroves ont perdu un quart de leur superficie en quelques décennies. Avec l’appui de Louvain Coopération et de ses partenaires, les communautés locales œuvrent aujourd’hui à leur restauration, développent des alternatives durables et relancent les ressources halieutiques.

Les deux mangroves principales du Bénin sont situées dans les départements de l’Atlantique et du Mono.  Ces zones sont particulièrement fragilisées : on estime que la déforestation et le dérèglement climatique ont mené à la perte de 25 % des mangroves béninoises entre 1980 et 2006, avec des conséquences directes sur les activités de pêche. Depuis les années 2000, une prise de conscience semble ralentir cette destruction. En collaboration avec nos partenaires, Action Plus et Eco-Bénin, et les acteurs locaux, nous nous inscrivons dans cette dynamique, travaillons à la restauration de ces forêts et à l’instauration d’activités économiques et rémunératrices qui préservent leur durabilité.

Du sel durable  

Les habitantes des zones de mangroves ont développé depuis de nombreuses années un savoir-faire particulier dans la production de sel, obtenu par évaporation de l’eau de mer . Cette activité représente une source de revenus pour les familles, mais elle nécessite du bois de chauffe et entraîne donc du déboisement.

En collaboration avec l’Institut National Supérieur de Technologie Industrielle (INSTI) de Lokossa, nous avons travaillé sur des solutions énergétiques alternatives. « Ils ont collecté les données techniques sur la production de sel et les types de foyers utilisés, réalisé une revue approfondie des études sur le sujet et évalué la demande énergétique. Un modèle de production de sel plus économe en énergie a été conçu et expérimenté en 2025. Il s’agit de sel solaire, obtenu par l’évaporation de l’eau de mer sur une bâche étendue au soleil », explique Richard Ayelesso, assistant technique de Louvain Coopération au Bénin.  Aujourd’hui, notre défi est de convaincre les salicultrices de passer à ce mode de production, notamment grâce à la fourniture de matériel adapté et à leur sensibilisation aux impacts du changement climatique. Notons que l’INSTI travaille également au développement de charbon écologique (à base du paspalum et du typha) et des foyers adaptés à ce charbon.

Faire revenir les poissons

Une autre problématique de ces zones est la forte diminution des captures de pêche, alors que la majorité des familles en vivent.. En 2023, nous avons accompagné les communautés locales dans la création de réseaux de drains sur deux sites de restauration de mangroves aux abords du lac Ahémé. « Ces canaux facilitent le développement des plantes, la dispersion des semences de mangroves et constituent une barrière physique contre les feux de végétation et la transhumance bovine », détaille Richard. « Par ailleurs, ils servent de zone de reproduction et d’alevinage pour les ressources halieutiques et favorisent la recolonisation piscicole, améliorant ainsi le rendement de la pêche. » Les témoignages de pêcheurs convergent : « Nous ne sommes pas revenus aux prises de nos aïeux, mais les filets ressortent plus remplis. »

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