“Specific care for women represents 15% of the interventions of our mutual insurance companies”

Santé femmes.

“Specific care for women represents 15% of the interventions of our mutual insurance companies”

Résaux sociaux
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Depuis 2006, Les Mutualités Libres et Louvain Coopération collaborent pour créer et développer des mutuelles de santé au Bénin, Togo et Burundi, afin de garantir un accès aux soins de santé pour toute la population.

Ces structures jouent un rôle capital dans la santé des femmes. Christian Horemans, Expert Affaires internationales au sein de l'Union nationale des Mutualités Libres et Brice Titipo, Responsable Programme Accès aux Soins de Santé & Promotion de la Santé en Afrique de l’Ouest pour Louvain Coopération, reviennent sur nos projets communs, en faveur de la santé. Entretien.

LC : Pourquoi les Mutualités Libres ont-elles voulu s’engager pour la santé et la protection sociale dans les Suds ?

C.H. : En tant que mutuelle, la solidarité est inscrite dans notre ADN. Il nous a donc semblé très logique de mettre notre expertise au service des projets de Louvain Coopération, dans un esprit intermutualiste et intercontinental. L’accès aux soins de santé est un droit de base. Or, dans les pays où nous travaillons avec LC, seuls 10 à 20% de la population bénéficient d’une couverture santé de l’Etat. Contribuer à l’amélioration du bien-être et de la sécurité de familles nous apporte une grande satisfaction.

LC : En quoi le développement de mutuelles aux Suds permet d’améliorer la vie des femmes ?

C.H. : Les mutuelles permettent d’abord l’accès financier à des soins de santé de qualité. En plus, avec le carnet de la mutuelle, c’est plus facile pour les femmes mutualistes pour recevoir des soins ou pour faire soigner leurs enfants. Les mutuelles peuvent aussi jouer un rôle dans les initiatives de prévention et la promotion de la santé, qui peuvent aussi cibler les femmes. Enfin, la structure démocratique des mutuelles donne aux femmes l’occasion d’y être représentées. Certaines mutuelles sont d’ailleurs entièrement gérées par des femmes.

LC : Comment les mutuelles améliorent-elles la santé des femmes ?

B.T. : Les Mutuelles que nous appuyons intègrent la prise en charge de prestations spécifiques aux femmes, telles que les consultations prénatales, les échographies, les accouchements par voie basse ou les césariennes. Le système du tiers payant permet aux femmes mutualistes de ne payer qu’une petite partie de la facture du centre de santé, elles peuvent donc s’y rendre autant que nécessaire. Les mutuelles de santé contribuent ainsi à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale. En 2021, les soins spécifiques aux femmes ont représenté 15% des interventions des mutuelles que nous soutenons. Enfin, de nombreuses activités de sensibilisation à l’endroit des femmes sont menées à travers ces structures.

LC : Cette année, grâce au soutien de Wallonie-Bruxelles Internationale, les Mutualités Libres et LC lancent un projet autour de la santé sexuelle et reproductive des femmes dans l’Atacora. Quelles sont les problématiques liées à cet aspect de la santé au Bénin ?

B.T. : Dans les ménages au Bénin, la sexualité reste un sujet tabou. La majorité des parents ne donne pas l’éducation sexuelle nécessaire aux jeunes sur des sujets comme les menstruations par exemple. Ils se tournent alors vers leurs pairs qui n’ont pas toujours des informations correctes. Il est donc essentiel de promouvoir des comportements sains et de prendre des mesures préventives en termes de santé durant l’adolescence.

LC : En quoi consiste ce projet ?

B.T. : Il s’agira de sensibiliser les femmes sur les mesures de prévention des maladies sexo-spécifiques et sur la santé reproductive. Nous organiserons également des campagnes de dépistage de masse des cancers du sein et de l’utérus et accompagnerons les patientes dépistées à risque pour qu’elles accèdent à des analyses de confirmation. Enfin, nous allons développer un réseau de pairs-éducatrices dans le domaine de la prévention des maladies sexo-spécifiques et la promotion de la santé reproductive.

LC : Comment les Mutualisés Libres peuvent-elles soutenir ce type de projet ?

C.H. : En tant que mutuelle, il est très important, dans le cadre de maladies comme le cancer, d’informer les gens sur les bons comportements à adopter, mais aussi de leur faire comprendre pourquoi c’est tellement important de participer à des trajets de dépistage. En Belgique, nous avons une grande expérience dans la communication autour de ces maladies, tout comme en termes d’éducation sexuelle. Bien sûr, la réalité africaine est très différente mais nous avons des expériences qui pourront nous inspirer.

LC : Un second projet concerne la prévention des maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle et le diabète. Ces maladies représentent-elles une problématique importante au Bénin ?

B.T. : Au Bénin, comme dans l’ensemble des pays à faibles revenus, on note une montée en puissance des Maladies Non Transmissibles (MNT) dans les principales causes de mortalité. En 2015, une enquête de l’OMS sur la surveillance des facteurs de risque des MNT a révélé des prévalences élevées, voire inquiétantes en termes de pression artérielle élevée (26%), surcharge pondérale (23%) ou encore hyperglycémie à jeun (12%). Les autorités ont élaboré un Plan stratégique intégré de lutte contre les maladies non transmissibles 2019-2023.

LC : En quoi consiste ce projet ?

B.T. : Il s’agit de doter les centres de santé de matériel de dépistage, de former le personnel sur la prise en charge de l’hypertension et le diabète, d’organiser des campagnes de dépistage et d’envoyer les personnes à risque vers des centres adéquats. Nous organisons également des séances de sensibilisation sur les facteurs de risques et les moyens de prévention non-médicamenteux des MNT.

LC : C’est le deuxième projet sur cette thématique pour lequel les Mutualités Libres s’engagent. Pourquoi ?

C.H. : La prévention de ce type de maladie a encore plus de valeur en Afrique car elles touchent très fortement la population et la plupart des gens n’ont pas les moyens de s’acheter de l’insuline. Et cette prévention peut aussi avoir une plus-value sociale. Ainsi, des clubs de pairs-éducateurs se sont créés et ils vont marcher une fois par semaine car bouger est très important.

LC : Comment se présente, selon vous, l’avenir des mutuelles de santé en Afrique ?

C.H. : Un important chantier consiste à convaincre les autorités de travailler sur le développement d’une couverture universelle et de l’élargir. Cette couverture universelle va de pair avec le développement de soins de santé de qualité. Il faut faire les bons choix et investir en équipement, notamment, en formant le personnel des hôpitaux et en fournissant le matériel nécessaire. Les défis sont nombreux, mais nous pensons que les mutualités peuvent être un partenaire dans le développement d’une couverture universelle. Les jeunes mutualités doivent continuer à se professionnaliser pour convaincre les autorités. Notamment par la formation des personnes qui y travaillent et par l’informatisation.

Pour en savoir plus ou soutenir nos projets liés à la santé des femmes: https://www.louvaincooperation.org/fr/sante-des-femmes

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