Madagascar : préserver les mangroves pour sauver la pêche artisanale

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Madagascar : préserver les mangroves pour sauver la pêche artisanale

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À Madagascar, les mangroves jouent un rôle vital pour la biodiversité, la pêche et les communautés côtières. Mais dans la région du Menabe, cet écosystème recule sous l’effet de la pression humaine et du changement climatique. Avec ses partenaires, Louvain Coopération accompagne les populations locales pour mieux comprendre la surexploitation des ressources marines et construire des alternatives durables.

Madagascar est particulièrement riche en mangroves : 310 000 hectares de l’île en sont recouverts, dont 25 000 se situent dans la région Menabe, zone d’intervention de Louvain Coopération au sud-ouest du pays. Mais cette richesse s’amenuise : depuis le milieu des années 90, 25 % des mangroves malgaches ont disparu.

Dans le Menabe, 500 hectares disparaissent chaque année. Les sécheresses répétées ont provoqué d’importantes migrations vers le littoral, amplifiant une pression démographique déjà importante. Les forêts de mangrove y sont défrichées pour installer des cultures (rizières, canne à sucre…) et exploiter le bois destiné au chauffage ou à la construction. 

Des conséquences directes pour la pêche

La destruction des mangroves entraîne inévitablement des conséquences sur les ressources halieutiques et donc sur la pêche. Depuis 2024, Louvain Coopération travaille avec l’Institut Halieutique et des Sciences Marines et le bureau d’étude Magnirike pour analyser et comprendre l’utilisation de ces ressources, dans une perspective de durabilité des mangroves et des pêcheries artisanales. « Au départ, nous avons élaboré un plan de suivi et sélectionné 5 villages représentatifs, où nous avons mis en place le suivi halieutique », explique Franceline Rasoanirina, chargée d’étude chez Magnirike, qui a supervisé le travail des enquêteurs sur le terrain. « Ce suivi s’est organisé de manière participative, avec un recensement des prises de pêche et des entretiens au sein des ménages pour mieux cerner leurs besoins et revenus. » En tout, 172 pêcheurs ont répondu et près de 4 000 suivis de captures ont été effectués.

Les résultats compilés de ces différentes enquêtes ont mis en exergue une extrême surexploitation des ressources dans certains villages. « La pauvreté entraîne cette surexploitation des ressources », explique encore Franceline. « Les communautés n’ont pas les moyens de sortir de la pêche, les pêcheurs n’ont rien d’autre pour vivre… »

D’autres moyens de subsistance

La prochaine phase de ce projet consiste à présenter les résultats des différentes analyses aux communautés et à réfléchir avec elles à des solutions. L’une des pistes envisagées est le développement d’activités génératrices de revenus alternatives, comme l’apiculture ou l’élevage à cycle court, afin de réduire la pression exercée sur les ressources marines. « Nous avons prévu une phase de test sur ces activités économiques et, ensuite, un suivi rapproché de ces dernières. »

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