An omnipresent suffering, which attacks social bonds

© Isabelle Cortier

An omnipresent suffering, which attacks social bonds

Contenu
Anne Fromont
Anne Fromont

Anne Fromont est infirmière de santé publique et a travaillé dix ans dans 6 pays, dont la RDC. Dans le cadre de sa thèse en santé publique, elle s’est penchée sur l’inclusion des infirmiers de santé mentale et l’introduction de la santé mentale dans les centres de santé au Rwanda. Ses recherches ont notamment débouché sur l’écriture de l’ouvrage « Violences de masse, reconstruction psychique et des liens sociaux : initiative de développement de la santé mentale dans la région des Grands Lacs. » Ed. L'Harmattan, 2014.

LC : Comment décrieriez-vous le contexte général du Sud-Kivu ?

Le Burundi, le Rwanda et le Kivu ont en commun une histoire de violences de masse depuis les années 50 et même bien avant. La date emblématique de ces événements étant 1994, le génocide au Rwanda. Depuis, ces zones sont restées très instables et, encore à l’heure actuelle, au Kivu comme au Burundi, la population subit des violences de masse : viols de guerre, assassinats de groupe… Toutes sortes de violences régulières et d’exactions commises par des groupes pseudo-militarisés ou des bandes locales. Il s’agit d’un contexte très particulier, où une population a vécu des événements terribles et souffre donc de traumatismes psychiques profonds qui les touchent tous directement. Tous.

LC : Quelles sont les conséquences d’un tel contexte en termes de santé mentale ?

Les conséquences, au niveau individuel, sont des taux énormes de PTSD (syndrome de stress posttraumatique), soit un ensemble de symptômes psychiatriques liés au stress, que la personne n’arrive pas à dépasser. Cela crée des maladies mentales de tous types : depuis la dépression chronique, jusqu’à la décompensation psychiatrique. La souffrance mentale est quotidienne et c’est d’autant plus dramatique que ces violences de masse s’attaquent au lien social. Le tissu social est totalement délité et les repères sociaux sont eux-mêmes touchés : les infirmiers, les prêtres, toutes les figures de l’aide sont aussi en souffrance.

LC : Quelles approches préconiseriez-vous pour faire face à ce problème ?

Pour moi, la meilleure approche est celle qui conjugue différentes stratégies. Il faut travailler sur la demande en sensibilisant les communautés, sur l’offre en formant le personnel de santé, sur la prévention et sur une visibilité de l’enjeu afin de dégager des moyens pour la santé mentale.

LC : Quel(s) rôle(s) une ONG comme Louvain Coopération peut-elle jouer ?

En tant qu’ONG universitaire, Louvain Coopération peut clairement intervenir dans la production de savoirs sur ce problème : documenter ce qui est fait, tester des innovations, observer les méthodes qui fonctionnent… Elle a également un rôle à jouer au niveau de l’enseignement dans le sens de renforcer les compétences locales, sensibiliser les gens. Enfin, je pense qu’elle doit investir le plaidoyer au niveau des bailleurs de fonds, des intervenants locaux et des décideurs et leaders locaux.

« Groupe de soutien pour filles-mères victimes de viol
Groupe de soutien pour filles-mères victimes de viol.

More news

Carolina’s journey
27/08/2026
In Tarija, in southern Bolivia, young people are gradually regaining hope for the future. Thanks to a project led by Esperanza Bolivia and Louvain Coopération, schools,… +
Recent graduates
26/08/2026
In Haiti, it is estimated that 200,000 children are living in extremely precarious conditions. Some have fled violence or abuse, whilst others are simply looking for something to… +
students at technical secondary schools in Walungu
25/08/2026
In South Kivu, helping young people enter the labour market remains a major challenge. With a lack of job opportunities in the city, agriculture offers a way to earn a living,… +
kabare
25/08/2026
In early August, Louvain Coopération launched an appeal for donations to help families in South Kivu who have been deprived of their land by the conflict. Thanks to the initial… +
Bolivia: new opportunities for young people
24/08/2026
In Tarija, in southern Bolivia, young people are gradually regaining hope for the future. Thanks to a project run by Esperanza Bolivia and Louvain Coopération, schools,… +
Viviane, a student in Benin
23/08/2026
In Benin, many young people struggle to find their place in the world of work. Together with its partner Carrefour Jeunesse Afrique (CJA), Louvain Coopération supports them in… +