Common thinking, the key to a successful program!

Rédaction du programme par Uni4Coop

Common thinking, the key to a successful program!

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Cette fin d’année 2021 signe la fin d’un programme de cinq ans appuyé par la Direction Générale de Développement et Aide Humanitaire de la Coopération belge (DGD). [Un bilan condensé de nos projets est d’ailleurs à retrouver dans notre journal Devlop’ de septembre]. Qui dit fin d’un programme dit aussi rédaction d’un nouveau. Le 30 juillet dernier, après plus d’un an de travail, Louvain Coopération a déposé son programme auprès du bureau de la DGD. Un programme toujours plus intégré puisque la moitié des projets sont pensés en synergie avec les trois autres ONG universitaires via Uni4Coop.

Alors comment rédige-t-on un tel programme ? Quels sont les acteurs et synergies qui gravitent autour ? Quels sont les choix à opérer et comment fait-on ces choix ? On vous dit tout.

Jean-Michel PochetTous les cinq ans, les ONG belges agréées ont l’occasion de demander d’être subsidiées par la DGD. Pour Louvain Coopération, ce financement est essentiel, car il représente environ 65% des revenus de l’ONG et garantit surtout la poursuite de ses objectifs. « C’est aussi extrêmement important car en 5 ans, le monde a changé, a évolué. C’est l’occasion de faire le point sur des projets, ceux que l’on désire poursuivre et ceux à qui l’on souhaite donner une nouvelle direction », explique Jean-Michel Pochet, directeur de Louvain Coopération.

Un alignement des planètes

Le nouveau programme déposé regroupe l’ensemble des résultats attendus dans les différents domaines d’intervention de LC. Dans le jargon associatif, on emploie généralement le mot anglais outcome pour parler des grands objectifs d’un programme. On retrouve les thématiques de la santé, des mutuelles de santé (MUSA), des systèmes alimentaires durables (SAD) ainsi que de l’Education Citoyenne Mondiale et Solidaire (ECMS).

Sophie« On ne part pas de rien puisque nous avons nos pays d’intervention ainsi que nos équipes sur le terrain », commente Sophie Wyseur, responsable du service des opérations pour LC. Pour la validation d’un projet, plusieurs facteurs sont indispensables. « Je dirais que c’est un alignement des planètes. On identifie les besoins des populations locales et comment rencontrer ses besoins. Il faut évidemment l’envie et l’expertise de Louvain Coopération mais aussi de nos partenaires locaux. Il faut que tout le monde ait envie de s’investir dans cette thématique, de collaborer ensemble pour mettre en œuvre ce projet et vérifier la pertinence de ce dernier. Enfin, il faut aussi identifier et créer des liens avec l’université ainsi qu’une validation par le comité d’administration de LC », poursuit Sophie. « Une fois que tout est ok, que les planètes sont alignées, alors on y va ! »

Par ailleurs, les choix sont aussi opérés en fonction des résultats obtenus sur les programmes précédents, sur base de toute une série d’évaluations internes et externes et guidés par la matrice de critères décisionnels.

Une réflexion commune et une multitude d’outils

Derrière le programme, il existe tout de même des canevas prédéfinis avec des questions bien spécifiques auxquelles les équipes doivent répondre. Chez Louvain Coopération, on en utilise deux : la théorie du changement et la matrice décisionnelle mise au point en interne.

La théorie du Changement [Theory of change, TOC] est définie par le Groupe des Nations Unies pour le Développement comme suit : « Il s’agit d’une méthode qui explique comment une intervention donnée ou un ensemble d’interventions est censée conduire à un changement précis sur le plan du développement. Et ce, grâce à une analyse des liens de cause à effet fondée sur les éléments de preuve existants.»

Pour cela, on répond à toute une série de questions avant d’enchaîner avec le cadre logique permettant de définir les objectifs généraux, spécifiques, les résultats attendus, les activités à mettre en œuvre pour atteindre ces résultats et enfin les indicateurs objectivement vérifiables qui permettront de savoir si les résultats ont été atteints. Cette réflexion se fait principalement sur le terrain au travers d’ateliers de réflexions participatives avec les partenaires locaux. « Il s’agit bien d’une réflexion commune et d’être à l’écoute des méthodologies proposées par nos partenaires aussi. Si ces derniers arrivent avec d’autres méthodes d’intervention, il faut les écouter et voir comment on peut avancer », insiste Sophie.

Rédaction du programme par Uni4Coop

 

En parallèle, le choix des projets est aussi guidé par une matrice décisionnelle. « Depuis juillet 2020, nous avons redéfini une matrice de critères décisionnels permettant de guider nos actions. Toutes les thématiques que l’on propose sont donc analysées au regard de cet outil », indique de son côté Jean-Michel Pochet. Parmi les critères, il y a la pertinence du projet, les liens universitaires, les logiques de cofinancement, le caractère innovant ou encore l’impact sociétal inclusif. Une fois l’ensemble des sept critères analysés, le projet obtient alors un score permettant de savoir si oui ou non il sera intégré, réorienté voire supprimé du programme.

La complexité des projets communs

L’une des grandes particularités du programme déposé pour 2022-2026 est que 10 projets (sur 20) sont réalisés en commun avec d’autres ONG universitaires faisant partie du consortium Uni4Coop. On retrouve même quatre outcomes réunissant les 4 ONG, une véritable première ! L’idée est de renforcer l’impact des actions menées, mais c’est aussi une question d’efficacité et d’efficience. Une réalisation complexe qui demande forcément énormément d’arbitrage et de discussion. Vous l’aurez compris, les débats ont pris du temps, « d’abord parce que nous n’avons pas la même taille, pas la même culture d’entreprise, pas le même comité d’administration, pas les mêmes managers et qu’en plus nos thématiques et nos organigrammes sont aussi différents », commente Jean-Michel.

uni4coop

 

Ceci dit, la mise en commun de projets répond à la volonté de la Coopération belge de favoriser des synergies communes entre des ONG actives sur un même terrain, parfois dans des domaines identiques ou complémentaires. Ainsi à titre d’exemple, Eclosio (ONG ULg) et LC proposent de fusionner leurs équipes opérationnelles au Cambodge et ce, pour limiter les déperditions d’énergie. « On va donc très loin dans la collaboration et ça ne va pas être simple. C’est un risque, mais c’est aussi une opportunité d’avoir un impact plus important, d’être plus efficient et de gagner en qualité et en efficacité comme le souhaite la DGD », précise notre directeur.

« Seul on va plus vite,
ensemble on va plus loin.»

Pour se mettre d’accord et formuler ensemble ces projets communs à deux, trois et parfois 4 ONG, les membres du personnel se sont réunis pendant deux semaines à Bruxelles. Une sorte de huit-clos dans lequel, chacun travaillait en petit groupe avec notamment l’appui des responsables financiers et d’un service IT. Une équipe d’arbitrage était aussi présente afin de guider les différents services dans leur décision. Les discussions ont parfois été dures, notamment au niveau financier, mais finalement, le 30 juillet tout a été envoyé.

Actuellement, les autogestionnaires de la DGD sont en train d’analyser tous les projets d’un même pays. Un premier avis sera rendu au plus tard mi-décembre sur lequel Louvain Coopération et Uni4Coop auront un droit de réponse de deux semaines. Il faudra néanmoins attendre février 2022 pour obtenir les arrêtés ministériels. Les financements quant à eux seront débloqués dans les mois qui suivent.

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