Togo : le riz, cette céréale qui fait vivre les femmes

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Etuveuses de riz.

Togo : le riz, cette céréale qui fait vivre les femmes

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Au Togo, dans la région des Savanes, Louvain Coopération soutient plus de 120 femmes étuveuses de riz, dont l’activité est désormais plus rentable. La prochaine étape est d’augmenter le rendement, tout en diminuant l’impact écologique négatif de cette activité.

« Au début, la transformation et l’étuvage du riz se faisaient de manière traditionnelle. Mais les femmes se sont mises en réseau et elles ont pu bénéficier de formations. Leur produit est aujourd’hui amélioré : la qualité est au rendez-vous et elles sont plus compétitives sur le marché au niveau du prix. Grâce à ce qu’elles gagnent, elles arrivent surtout à subvenir aux besoins des enfants qui vont à l’école, elles peuvent payer leur scolarité et elles-mêmes arrivent à se prendre en charge. Leur vie a changé. » Voilà comment Sophie Namtante, gérante de Réseau de Coopératives d’Étuvage du riz, résume l’impact de ce projet sur les étuveuses de riz de la région des Savanes au Togo.

La lutte pour l’autonomisation des femmes est l’un des enjeux centraux des actions de Louvain Coopération. L’ONG de l’UCLouvain œuvre donc depuis plusieurs années dans cette filière porteuse et presque exclusivement gérée par les femmes qu’est la transformation du riz. Par ailleurs, « le riz constitue la troisième céréale la plus consommée au Togo. Elle implique beaucoup d’importations. Il était donc nécessaire, afin d’assurer la sécurité alimentaire de la région, d’appuyer une telle filière », confie Michel Gnon, Assistant Technique en Sécurité Alimentaire et Economique pour Louvain Coopération au Togo.

Rassembler et organiser les travailleuses

Concrètement, le projet consiste à rassembler les étuveuses de riz, 120 actuellement, au sein de coopératives. Ces dernières bénéficient de formations et participent à un réseau qui gère un Centre de transformation et de commercialisation du riz, mis sur pied par les équipes et partenaires de Louvain Coopération. L’objectif étant d’augmenter la qualité du produit pour qu’il devienne compétitif par rapport au riz importé d’Asie.

L’avenir : réduire l’impact environnemental

L’un des prochains objectifs liés à ce projet est d’en réduire les impacts négatifs pour l’environnement. En effet, le processus de transformation du riz nécessite de faire chauffer le riz, ce qui consomme beaucoup de bois et crée une pollution importante. De plus, les balles de riz, déchets du décorticage de la céréale, ne sont pour l’instant, pas du tout valorisées.

« Notre idée est de transformer les balles de riz en briquettes qui serviront de combustible pour l’étuvage. Nous pourrons ainsi réduire un peu l’effet de notre travail sur l’environnement », explique encore Sophie Namtante. Ce projet permettra aussi de développer l’emploi qui y est lié. Pour y parvenir, le Centre doit se doter de machines pour compacter les briquettes. « Nous voulons avancer rapidement, dès que nous aurons réuni les moyens nécessaires à l’achat du matériel », précise Michel Gnon. « Nous souhaiterions également accompagner les étuveuses pour obtenir la certification du label riz local pour leur produit, dans l’idée de l’exporter. »

La consommation de riz durant la pandémie

Rares sont les points positifs à retirer de la crise du Covid-19. Pourtant, les étuveuses de riz du Togo en ont trouvé un : comme il était bien plus difficile de trouver du riz importé, le riz local qu’elles produisent a gagné en popularité et les ventes ont été boostées. « Les ventes ont augmenté à partir d’avril 2020. Et comme les gens ont découvert la qualité de notre riz local, elles continuent d’augmenter encore aujourd’hui », précise Sophie Namtante.