The challenge of African mutuality for the 21st century: a call to action

Conférence de Lomé

The challenge of African mutuality for the 21st century: a call to action

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Les 22 et 23 janvier 2019, s’est tenue la conférence internationale de Lomé sur le « pari de la mutualité pour le 21ème siècle » organisée par l’Association Internationale de la Mutualité (AIM). Nous y étions avec l’Union des Mutualités Libres, partenaire de Louvain Coopération dans ses actions en protection sociale en Afrique. Plusieurs thèmes ont été discutés et un des produits de cette Conférence a été l’adoption de ‘La Plateforme de Lomé’, document porté par le mouvement mutualiste africain et soutenu par le monde mutualiste international. Elle rappelle les valeurs mutualistes et leurs plus-values comme mécanisme de protection sociale, articule le modèle mutualiste avec les normes communautaires telles que la réglementation de l’UEMOA et les engagements internationaux comme ceux sur les ODD). Retour sur cet évènement riche en discussions.

Pour y voir plus clair, nous vous invitons à visionner cette courte vidéo :

La conférence internationale sur le « pari de la mutualité pour le 21ème siècle » s’inscrit dans le mouvement politique de reconnaissance et de développement du mouvement mutualiste mondial. Près de 250 participants venant de 21 pays différents ont participé à cette importante rencontre qui a réuni des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, de mutualistes du Sud et du Nord et d’organisations de la société civile pour discuter des enjeux politiques des mutualités africaines au 21ème siècle. Louvain Coopération et son partenaire L’Union des Mutualités Libres ont activement pris part aux débats.

Le contexte mondial de la protection sociale est alarmant : en 2017, la moitié de la population mondiale n’a toujours pas accès aux soins de santé et des millions de personnes doivent faire face à des dépenses de santé catastrophiques pour le revenu de leur ménage et se retrouvent dès lors en situation de vulnérabilité à cause de leur santé. En Afrique, 75% de la population ne bénéficie d’aucun système de protection sociale, selon l’OMS et la Banque Mondiale.

Devant cette situation, la quasi-totalité des pays africains s’est engagée dans la perspective d’une Couverture Sanitaire Universelle (CSU). Il s’agit de garantir l’accès à des soins de qualité à l’ensemble de la population en mettant en œuvre différents mécanismes de couverture contre le risque maladie. Rappelons que le système de santé en Afrique est caractérisé par d’importants gaps en termes couverture de l’offre de soins, la qualité et la disponibilité des ressources humaines et surtout l’accessibilité financière aux soins pour une large part de la population. L’assurance maladie couvre une très faible proportion de la population - entre 5 et 20% selon les pays. Étendre la couverture universelle de soins à toutes les couches sociales constitue dès lors un énorme défi pour les gouvernements africains.

En Afrique, les mutuelles de santé sont des organisations communautaires endogènes et autogérées qui prennent un nombre relativement modeste d’adhérents qui cotisent environ 2 à 3 euros par personne et par an pour prendre en charges au moins les soins dans les centres de santé de base.

À la Conférence de Lomé, trois principales sessions organisées sous forme de table ronde ont permis de passer en revue les défis majeurs auxquels les mutuelles sont confrontées :

  • L'engagement mutualiste : une action politique porteuse de solidarité
    La valeur de base des mutuelles est la solidarité entre les membres (riches et pauvres, malades et bien-portants, jeunes et personnes âgées, etc.). Les liens solidaires créés par les mutualités sont des éléments constitutifs d’une société plus équilibrée et plus juste. La mutualité crée de la citoyenneté et consolide les liens sociaux. Des autorités ministérielles étaient invitées à approfondir le thème des valeurs dans les mécanismes prévus par les stratégies de CSU.
  • Pour des mutuelles efficaces et solidaires : zoom sur l'adhésion obligatoire
    L’adhésion obligatoire à un mécanisme d’assurance maladie s’applique pour le moment presque exclusivement aux travailleurs du secteur structuré : secteur public (couvert par des régimes d’assurance mis en place par l’État) et secteur privé qui sont couverts par d’autres formes de régime obligatoire ou par les assurances privées.
    Or, 90% des populations africaines sont constituées par des travailleurs du secteur non structuré en milieu rural ou urbain. Les mutuelles de santé s’adressent prioritairement à cette cible depuis de nombreuses années, avec des avancées certes, mais modestes en termes de couverture. Des acteurs mutualistes ainsi que des représentants des Organisations internationales en charge des travailleurs du secteur informel (OIT) ont introduit le débat sur ce défi majeur de la mutualité africaine.
  • Pour des mutuelles efficaces et solidaires : zoom sur la délégation de gestion
    Gérer un mécanisme d’assurance maladie n’est pas une tâche facile. Certes, les mutuelles de santé ont connu une extension et une professionnalisation au cours des 20 dernières années. Cependant, pour qu’elles puissent jouer efficacement leur rôle dans la CSU, il est indispensable que les mutuelles soient légalement reconnues, qu’elles disposent de compétences et de ressources financières nécessaires. La plupart des mutuelles comptent sur des gérants bénévoles ou volontaires. Il s’avère donc urgent qu’ils s’apprêtent à cette fonction de gestion déléguée.
    Des leaders de mutuelles et de leurs structures faîtières ont insisté sur le fait que le principe de délégation de gestion aux mutuelles est réalisable et constitue un atout pour avancer vers la CSU. Ils ont également exploré les conditions préalables pour ce faire.
    D’autres thèmes qui ont un enjeu stratégique ont été développés, comme la digitalisation, le développement de l'offre de soins mutualiste et la e-santé.

 

Brice Titipo, Responsable Domaine Mutuelles de Santé – Lomé

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