Burundi: “Women want to know more about their health”

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Burundi: “Women want to know more about their health”

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Depuis quelques semaines, la docteure Adélie Iradukunda occupe le poste de médecin conseil auprès de mutuelles de santé soutenues par Louvain Coopération au Burundi. Elle nous explique son rôle et son parcours. Entretien.

Quel est votre parcours ?

J’ai réalisé mes études supérieures en Faculté de Médecine à l’Université de Ngozi au Nord du Burundi où j’ai obtenu, en septembre 2017, le diplôme de Doctorat en Médecine Générale. Dès lors, j’ai travaillé dans un hôpital de district sanitaire de BUYE, en cette même province de NGOZI jusqu’à mon recrutement ici à l’UCODE-AMR. Du reste je suis mariée depuis 2013 et je suis mère de quatre enfants dont les ainés sont des jumeaux.

Vous venez de prendre le poste de médecin conseil auprès de mutuelles de santé soutenues par Louvain Coopération. En quoi consiste votre fonction ?

Ma fonction vise l’amélioration des soins de santé offerts à nos bénéficiaires mutualistes, en assurant le suivi des prestations. J’appuie également nos mutuelles dans leur fonctionnement général avec les formations sanitaires. Ma fonction consiste aussi en la promotion de la santé des mutualistes en général, mais surtout à travers les cercles de discussions avec les femmes sur les maladies sexo-spécifiques. Par ailleurs, je suis chargée d’évaluer le niveau de satisfaction des mutualistes par rapport aux services qui leur sont rendus. Dans ma fonction, j’interviendrai aussi dans la mise en place de la fédération provinciale des mutuelles.

Selon vous, qu’apportent les mutuelles de santé aux populations ?

Elles améliorent la qualité des services et soins de santé offerts aux patients. Les populations de secteur rural informel ne sont pas couvertes par les systèmes formels de sécurité sociale. Comme elles ne disposent pas de ressources financières ou que ces ressources sont inégalement réparties sur l’année, les mutuelles de santé permettent d’accéder aux soins de santé sans tarder, ce qui diminue même le coût des soins et préserve leur santé. A terme, elles permettent aussi un meilleur développement économique et l’amélioration de la qualité de vie.

Vous devrez notamment participer au dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. Ces maladies sont-elles fort répandues ? Les femmes les connaissent-elles ?

Ces maladies sont très répandues et des femmes en meurent ici dans notre pays. Comme notre niveau socio-économique est assez bas, il y a dans la plupart des cas, un retard de consultation et un retard de prise en charge. Certaines femmes affirment qu’elles ont déjà entendu parler de ces maladies, mais les connaissent très peu. D’autres ont vu une voisine ou une proche en mourir. Elles craignent ces maladies, mais ignorent encore leurs symptômes, les facteurs de risque, les modalités de prévention et ne savent pas les bienfaits du dépistage précoce.

Comment se déroulent les activités de prévention sur les maladies sexo-spécifiques ?

En général, on se rassemble dans une salle, on se présente, on annonce les thèmes, puis on donne la parole aux femmes pour évaluer leurs connaissances en rapport avec ces maladies. Puis, on réalise un exposé sur chacune de ces maladies, pendant lequel les femmes peuvent poser des questions. Ensuite, on donne la parole à celles qui le souhaitent, pour des questions, des suggestions ou pour des témoignages. Dans la salle, il règne un grand dynamisme et enthousiasme qui montrent combien les sujets abordés intéressent. On clôture par l’enregistrement des femmes candidates au dépistage, en inventoriant en toute intimité les facteurs de risque de chacune, ce qui facilitera le triage lors du dépistage.

Les femmes abordent-elles facilement les sujets liés à la sexualité et à la protection contre les maladies qui y sont liées ?

Oui, elles abordent très facilement les sujets liés à la sexualité et d’ailleurs par leurs questions et inquiétudes, on comprend très bien combien elles ont soif d’acquérir plus de connaissances sur la sexualité. On souhaite d’ailleurs organiser beaucoup plus de cercles de discussions sur les sujets de sexualité et de reproduction. Elles ont beaucoup de questions sur ces sujets, elles ont vraiment envie d’en apprendre davantage, pour savoir comment s’y prendre et se protéger.

Qu’espérez-vous apporter dans cette fonction ?

L’amélioration de la qualité des soins et services offerts aux mutualistes, la promotion de la santé en général et la santé de la femme en particulier par la prévention des maladies sexo-spécifiques.

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