Bolivia: so that they can claim their rights

Maria Eugénia

Bolivia: so that they can claim their rights

Résaux sociaux
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Maria Eugenia Castañares Gonzales représente l’Alliance Libre sans Violence, mouvement actif dans la défense des droits des femmes boliviennes. Elle répond aux questions du Devlop’.

LC : Pourquoi est-il si important de lutter pour les droits des femmes en Bolivie ?

MCG : Nous vivons dans une société patriarcale, machiste et misogyne. La violence à l'égard des femmes est très répandue à Oruro, en raison de la structure sociale prédominante dans la région. Cette situation est particulièrement flagrante dans les zones minières, où les femmes sont souvent confinées aux rôles traditionnels de la maison, du foyer et de la cuisine, tandis que les hommes jouissent d'une plus grande liberté dans les espaces publics. C'est pour cela que je me suis engagée à ce que les femmes soient considérées comme des êtres humains, comme une partie de l’humanité à part entière et pas juste comme des femmes. Nous devrions tous jouir des mêmes droits, non seulement les droits fondamentaux, mais également le droit à la participation aux espaces publics. Malheureusement, les femmes sont souvent exclues de ces espaces où les décisions importantes se prennent. Tout cela conduit à des situations où les femmes sont victimes de violence, d'abandon et ont une faible estime d'elles-mêmes. Elles se retrouvent sans moyen de se protéger et incapables de prendre des décisions pour briser ce cycle de violence.

LC : Quels sont vos moyens d’action ?

MCG : En interagissant avec les femmes, nous constatons souvent un intérêt marqué pour l'apprentissage de leurs droits. Elles cherchent à comprendre non seulement pour se défendre, mais aussi pour transmettre ces connaissances à leur famille. Cela dépasse le simple renforcement de l'estime de soi des femmes ; il s'agit d'inculquer un ensemble de valeurs plus profondes. Nous mettons fortement l'accent sur l'éducation, car je crois que pour bâtir une culture fondée sur la paix et le bon traitement, il est essentiel de se cultiver soi-même.

LC : Vous travaillez aussi en collaboration avec les autorités locales…

MCG : Oui, les autorités se sont associées à la population dans certains espaces, ce qui a conduit à des résultats positifs et à des échanges enrichissants entre différentes réalités. Notre objectif est de sensibiliser les autorités et de les inciter à adopter une perspective différente, car beaucoup sont juste préoccupées par la conformité et ne sont pas sensibles à notre cause.

Parfois, les réponses ne sont pas satisfaisantes en raison d'un manque de volonté politique. Les problèmes économiques découlant de la pandémie de Covid ont entraîné un chômage accru, alors que de nombreuses personnes ont des enfants à charge et doivent subvenir à leurs besoins.

Même s'il arrive parfois qu'il n'y ait qu'une intention sans action concrète, il est essentiel de ne pas abandonner la lutte. En tant qu'activiste, j'ai parfois remis en question mon rôle, mais le simple fait de voir le sourire d'une personne en sécurité me remplit de joie. Il faut continuer de lutter en permanence car c’est important.

LC : Quels sont vos souhaits pour le futur ?

MCG: Je rêve qu'à Oruro, nous nous concentrions davantage sur le droit, non pas comme une notion complexe, mais comme quelque chose de simple et fondamental. Parler du droit ne devrait pas être perçu comme un acte de rébellion. Ce n'est pas ce qu'est le droit car le droit est simple. C'est quelque chose que nous portons en nous. Par ailleurs, L'année dernière, nous avons œuvré à la revitalisation de lieux plus sécurisés pour la population. C'est un rêve de voir émerger des espaces paisibles, sûrs et bienveillants. Même les autorités et les organisations ont soutenu des initiatives positives, ce qui a renforcé l'engagement en faveur de l'éducation. Je veux aussi changer la mentalité véhiculée par les moyens de communication, qui ont trop souvent banalisé la violence au point que la société l'a intégrée. Les réseaux sociaux et la technologie sont des outils puissants qui facilitent la communication, mais ils peuvent aussi altérer profondément l'esprit des individus et influencer leur comportement. Nombreux sont ceux qui reconnaissent les méfaits de cette exposition constante à la violence et de la manière dont elle peut affecter leur attitude. Lorsque nous échangeons avec les femmes et les jeunes, beaucoup expriment leur malaise face aux news et leur impact négatif sur leur santé mentale.

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